La star de cinéma italienne Claudia Cardinale, invitée spéciale de la première dame camerounaise, et ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, a promis son soutien à l’action pleine de « dynamisme et d’enthousiasme » de Mme Biya. « Je m’engage à aider la première dame, mon amie Chantal Biya. Vous pouvez compter sur moi», a solennellement promis l’actrice de « Il était une fois dans l’Ouest ».
Voilà une déclaration forte, qui rappelle le thème de la journée internationale de lutte contre le sida. « Leadership. Stop sida. Tenir les promesses ». Et la promesse de Claudia Cardinale a eu un écho particulier au palais des Congrès de Yaoundé, lieu des cérémonies solennelles, qui comprenait un nombre impressionnant de jeunes, élèves et étudiants. Le message s’adressait aussi à eux, groupe parmi les plus touchés par la maladie. Et si les représentants de l’OMS au Cameroun et de l’Onusida, notent que le nombre de nouvelles infections s’est stabilisé en 2007, ce n’est certainement pas le moment de jeter l’éponge. Le ministre de la Santé publique André Mama Fouda a, à son tour noté que 2007 était une bonne année dans la lutte contre le sida au Cameroun. Car les sacrifices lourds consentis par le gouvernement, ont rendu possibles, la gratuité du dépistage, des médicaments antirétroviraux, notamment. Lucie Zambou, parlant au nom des personnes vivant avec le VIH, a remercié les pouvoirs publics. Mais aussi porté les doléances des personnes infectées ou affectées : leur implication dans la lutte, la fin de l’arnaque dans certains centres de prise en charge, et une loi protégeant les Personnes vivant avec le VIH. Cette journée de plaidoyer a connu la contribution de plusieurs artistes du terroir. Des stands d’exposition sont venus donner une idée de ce que représente la lutte contre le sida au Cameroun : une mobilisation nationale.
Mais avant cette cérémonie en apothéose, les couches populaires et les associations des malades ont été au coeur de la semaine nationale lancée le 26 novembre 2007 à la gare routière de Yaoundé Est, à Mimbomam. Cible visée, les transporteurs, camionneurs et autres commerçants. Dans les communes notamment, comme celle de Yaoundé IV, le maire Théophile Abéga note qu’ « il existe certes un centre d'écoute pour la prise en charge psychologique des PVVS. Mais, beaucoup reste encore à faire, notamment dans l'équipement des laboratoires pour les centres de santé, les besoins en matériel de sensibilisation. Les 250 pairs-éducateurs formés à ce jour sont insuffisants ».
Dans cette commune, l'association des personnes actives et volontaires contre le sida assure la permanence, avec là aussi beaucoup de difficultés : « Ce sont les tests de résistance et des charges virales qui nous causent souvent problème. Le maire prend en charge la permanence du centre d'écoute, où nous orientons et conseillons les malades. La stigmatisation et les discriminations, si elles ne sont pas frontales, sont latentes », affirme une des personnes vivant avec le VIH de cette commune à la presses.
Le lancement de la semaine nationale camerounaise de lutte contre le sida, a permis de disséminer plusieurs logos géants dans les sites populaires des dix provinces du Cameroun, avec comme têtes de proue, les gouverneurs de province qui ont solennellement disposé 1200 logos géants dans leurs provinces respectives. « Ce sont des messages spécifiques, 100% abstinence, 100% préservatif, 100% dépistage, etc. », explique le secrétaire permanent du comité national de lutte contre le sida, Maurice Fezeu.
Aujourd'hui au Cameroun, on compte 510.000 personnes infectées. Et selon l'Onusida, si la prévalence mondiale s'est stabilisée -33,2 millions de personnes en 2007- le sida reste la première cause de décès en Afrique.
Le thème de la célébration du 1er décembre 2007 est « Stop sida. Tenir les promesses ». Pour joindre ses efforts à celles de la communauté internationale, le Cameroun a organisé une série d’activités, placées sous le patronage de la première dame, Chantal Biya, tout au long de la semaine, avec des débats radio-télévisés sur la recherche au Centre international de Recherche Chantal Biya pour la recherche sur la prévention et la prise en charge du VIH/Sida.
Plusieurs actions menées, parmi lesquelles des dépistages volontaires, anonymes et gratuits organisés dans les unités de prise en charge et par les 12 unités mobiles de dépistage. Des causeries éducatives, des journées portes ouvertes et des tables rondes se sont également tenues partout dans le pays. Les chiffres du sida sont toujours aussi effrayants. Si le rapport Onusida 2007 a revu à la baisse ses chiffres de 2006, de 39 millions de personnes porteuses du virus à 33 millions, deux millions et demi de personnes ont été tout de même infectées au cours de l’année qui s’achève.
Pour Nicole Massoud, coordonnatrice pays ONUSIDA au Cameroun, « les chiffres 2007 du programme national de lutte contre le sida appellent à l’intensification de l’action, surtout dans le domaine de la prévention si le Cameroun souhaite honorer ses engagements internationaux et atteindre l’objectif de l’accès universel à la prévention, au traitement et à la prise en charge d’ici 2010 ». Toujours selon elle, « le succès du Cameroun dans le domaine du traitement est principalement dû à une volonté politique d’universaliser l’accès. Je souhaiterai que cette même volonté politique se manifeste dans le domaine de la prévention avec une attention particulière pour les groupes les plus vulnérables, notamment les jeunes, les femmes et les travailleuses du sexe », a-t-elle déclaré lors de la présentation du rapport 2007.
Service de la communication de l’OCEAC
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