Plus d’une soixantaine de participants et partenaires en lutte contre le Sida en Afrique centrale se sont réunis le vendredi 13 mars 2009 dans la salle de conférence de l’Organisation de Coordination de la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale. Ceci dans le cadre des 1ères assises du Groupe Consultatif Régional de Suivi (GCRS) de la 2e phase du Projet de prévention du VIH/Sida en Afrique Centrale qui assure une coordination efficace entre toutes les parties impliquées pour garantir une mise en œuvre efficiente et accroître l’impact de la riposte contre la maladie nationale et sous régionale.
Et alors que le PPSAC II s’enrichit de trois nouveaux pays, dont le Congo le Gabon et la Guinée Equatoriale, après le Cameroun, le Tchad et la RCA lors de la phase I une halte mérite d’être effectuée sur les retombées de cette première phase. Et selon le Secrétaire général de l’OCEAC le Dr Jean-Jacques Moka, plusieurs acquis ont été relevés. Les plus pertinents résident dans l’accessibilité du préservatif. Les chiffres sont parlants à ce sujet : « Pour l’ensemble des trois pays couverts, 104 millions de préservatifs vendus sur les 107 millions acquis en commande groupée durant les trois ans de la première phase. Le taux de réalisation des objectifs de vente du condom masculin est de 85% des prévisions, avec une vitesse moyenne de progression de 1,38 par rapport à la situation de la vente d’avant première phase du PPSAC ».
Dans le domaine de la consommation moyenne du préservatif par tête d’habitant, le Secrétaire Général relèvera qu’en fin de phase, 1,37 condoms avaient été consommés en moyenne par habitant, contre une attente de 1,92 ; avec un pic de 2,05 condoms par tête d’habitant en RCA. Pour le préservatif féminin, 335.000 unités ont été vendues contre une attente de 220.000 unités, pour l’ensemble du PPSAC. Au Cameroun, grâce à l’appui du PPSAC, on a pu acquérir 80 millions de préservatifs masculins soit 75% du don allemand et on a vendu 79 millions durant les trois dernières années, soit environ 99% des préservatifs acquis.
Si pour le ministre de la Santé publique du Cameroun, André Mama Fouda qui ouvrait ces premières assises, le bilan de la première phase de ce projet commun est satisfaisant à plus d’un titre grâce à la coopération fructueuse entre la République fédérale d’Allemagne et la CEMAC, la deuxième phase qui s’étale entre 2009 et 2012 permettra de « consolider nos acquis et d’accroître l’efficacité de notre réponse face au mal du siècle ». Accroissement qui passe par aussi par la lutte contre la discrimination et la stigmatisation.
En effet, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/SIDA réside en bonne place au cours de ces assises, comme l’a recommandé vivement le Sg de l’OCEAC le Dr Jean-Jacques Moka. Parce que selon lui, il s’agit de « deux fléaux qui sapent les efforts de prévention et de prise en charge déployés jusque-là ». « Ils alimentent durablement la transmission du VIH et demeurent encore dans notre sous-région l’un des obstacles majeurs à la prévention des nouvelles infections et à la prise en charge adéquate des cas », renchérit André Mama Fouda. C’est pourquoi, parmi les participants, on note la présence du représentant du réseau des PVVIH en Afrique de l’Ouest, venu partager avec les participants, les expériences du Mali et de cette région du continent dans le cadre de réduction des impacts de la stigmatisation et de la discrimination envers les PVVIH. Il s’agira d’une des priorités, lors de la mise en œuvre de la phase II du PPSAC, assure-t-on au GCRS.
Côté financement, on tient à relever ici l’accroissement des ressources mises à disposition par la RFA et son institution d’exécution, la KfW qui a reconduit un financement de 23 millions d’euros, environ 14 milliards de Fcfa pour le renforcement du PPSAC au cours de sa deuxième phase. Geste salué par tous. Le représentant de l’ambassadeur de la RFA au Cameroun au cours de l’ouverture des assises a, dans le même sillage, espéré que cet argent soit bénéfique aux populations, tout en assurant les pays membres couvert par cette approche régionale que son pays « ne ménagera aucun effort aux côtés de la CEMAC pour que des avancées significatives soient relevées sur le front de la lutte contre les IST-VIH/SIDA. »